La société du marché: vers la “marchandisation” de la vie

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Por Rosa Cornejo Rodríguez

Il y a quelques années, j’ai fait la découverte de Michael J. Sandel en tant qu’élève du MOOC “Justice”, disponible sur edX, cours très motivant pour tous intéressés à la philosophie. Le professeur Sandel analyse ce qui est, à mon avis, la réalité de notre société, nommée “société du marché”. En effet, l’économie du marché est un concept restrictive, car c’est pas seulement l’économie, mais aussi la société dans laquelle nous habitons s’est transformée en une société du marché. C’est à dire, le marché n’est pas resté dans le cadre de l’économie, mais à présent il est devenu une partie intégrante de notre société. Le modèle, la méthode et les réponses économiques sont appliqués aux problèmes d’ordre juridique ou social. Ce qui est vraiment troublant si on donne des réponses économiques aux questions des nécessités basiques humaines. En plus, dans le domaine international, la géopolitique est évoluée vers la géoéconomie, où les fonctions de l’État et des entreprises se mélangent (Pensez, par exemple, à la Marca España ou à la reconnaissance des entreprises transnationales comme acteurs dans les relations internationales).

Ainsi, ce professeur nous illustre avec quelques exemples liés à l’éducation, la sécurité de l’individu et de l’État. Aux États-Unis, on a offert aux enfants des incitations financières pour lire ou avoir des bonnes notes. Résultat: la plus part des élèves ont choisi le méthode le plus efficace, lire des bouquins courts. Et on dit “le plus efficace” car, enfin, le but n’est pas celui de l’éducation ou cultiver ses esprits, bien au contraire: il s’agit de gagner de l’argent. Qui pro quo. On voit cela quand on nous demande: “À quoi sert la grammaire ou la littérature? Ce n’est pas utile pour trouver un bon emploi”. Voici la logique utilitariste pour maximiser l’utilité: on voit cela dans les réformes éducatives (payer les profs en raison des résultats des élèves ou supprimer des sujets comme la philosophie).

En termes de sécurité internationale et individuelle, on trouve des exemples d’entreprises privées de sécurité: le tristement célèbre cas Blackwater en Irak ou des sociétés privées des pompiers qui se financent par des assurances. Ces deux cas nous font réfléchir sur des questions morales liées à la vie et à l’intégrité de l’individu.

Plusieurs questions restent en suspens: la solution du marché est elle applicable dans tous les cas? Est-ce que, si on donne une réponse toujours établie sur l’économie, les deux parties sont également libres en appliquant cette solution? Où reste la dignité humaine? La problématique morale repose surtout sur le sujet des biens non matériaux: l’engagement civique,les valeurs morales.

Si, dans notre société, le succès personnel se mesure en argent, cela est équivalent au valeur de l’individu. Dans cette perspective utilitariste, le succès comprend la satisfaction des désirs individuels qui se manifestent comme statuts et richesse et l’homme ne s’intéresse pas à la satisfaction des plaisirs supérieurs (qui conforment le perfectionnement humain). Pourtant, cette notion de plaisir supérieur ne s’oppose pas à toute philosophie utilitariste. Pour Mill, ce qui importe est la qualité des plaisirs, et dans leur hiérarchie, ce sont les plaisirs de l’esprit qui donnent un sens de dignité que tous les êtres humains possèdent.
Et pour aller un peu plus loin, on ne doit analyser ce nouvel paradigme que dans le domaine de l’individu, mais aussi dans celui de la société, parce qu’on constate bien que les biens communs et le sens de communauté sont devenus un peu diffus.

Le professeur Sandel nous incite à réfléchir ensemble sur la valeur et la signification des pratiques sociales que nous chérissons (vie civique, santé, éducation).
Au cours des trois dernières décennies, alors que le raisonnement et la pensée de marché ont gagné en force et en prestige, au même temps notre débat public s’est vidé d’une signification morale plus large. Mais dès qu’on s’aperçoit que les marchés changent le caractère des biens, nous devons mettre en question cette nouvelle approche.

Un des effets les plus dangereux de mettre un prix sur tout pèse sur la communauté et l’esprit commun ou de collectivité vers l’individualisme. Dans un contexte d’inégalités croissantes, la commercialisation de chaque aspect de la vie conduit à une situation où l’écart entre ceux qui ont des moyens et ceux qui en ont beaucoup moins est de plus en plus évident.

Ce n’est pas bon pour la démocratie, car elle requiert que les citoyens partagent une vie commune parce que c’est ce qui nous apprend à respecter nos différences et trouver des liens et des but communs.
Sandel nous pose la question suivante: “Voulons-nous d’une société où tout se monnaye, ou d’une société où certains certains biens moraux et civiques restent imperméables aux marchés, et que l’argent ne peut pas acheter ?” Et il nous donne sa réponse: “dans la mesure cependant où la possession d’argent détermine aussi l’accès à l’éducation, à la santé, à l’influence politique et à un voisinage protégé, la vie devient plus difficile, sinon invivable, pour ceux qui en sont dépourvus. La conversion de toute chose en marchandise monnayable rend le venin de l’inégalité encore plus toxique”.

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Références:

SANDEL, MICHAEL: MOOC Justice-Harvard University
http://www.justiceharvard.org/2011/

SANDEL, MICHAEL: Are There Things Money Shouldn’t Be Able To Buy? Oxford Union Society https://www.youtube.com/watch?v=zMg9Gjz8PKs

DUPUY, JEAN-PIERRE:: Michael Sandel : Ce que l’argent ne saurait acheter. IPhilo. 27 avril 2015.
http://iphilo.fr/2015/04/27/michael-sandel-ce-que-largent-ne-saurait-acheter-jean-pierre-dupuy/
SANDEL, MICHAEL: Marché, morale et vie civique. Le Monde Diplomatique. October 2015.
http://www.monde-diplomatique.fr/2015/10/SANDEL/53971

SANDEL, MICHAEL: Why we shouldn’t trust markets with our civic life?
https://www.ted.com/talks/michael_sandel_why_we_shouldn_t_trust_markets_with_our_civic_life?language=es

Rosa Cornejo Rodriguez

Sevilla, España. Licenciada en Derecho por la Universidad de Sevilla. Opositora a Cuerpo Diplomático. Ha realizado cursos de Derecho Internacional Público y Unión Europea (Inter-University Summer School on the European Decision-Making Process por el Institute for European Studies de la Vrije Universiteit de Bruselas y XI Cursos Euromediterráneos Bancaja de Derecho Internacional).Técnico Superior en Comercio Exterior. Expertía en Operaciones Internacionales Internacionales por la Cámara de Comercio de Sevilla. Ámbitos de interés: Relaciones Internacionales, Derecho Internacional Público, políticas de la Unión Europea, Comercio Exterior

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